Médecin vérifiant le pouls et la tension artérielle d'un patient lors d'une consultation

Hantavirus : symptômes, prévention et ce qu’il faut savoir

Hantavirus : symptômes, prévention et ce que les familles à Maurice doivent savoir

L’hantavirus fait de nouveau la une de l’actualité mondiale depuis l’épidémie survenue en mai 2026 à bord du navire de croisière MV Hondius, dans l’océan Atlantique, qui a fait plusieurs morts et entraîné des cas dans plusieurs pays. Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé faible le risque global pour la santé publique, cette épidémie a soulevé des questions importantes pour les familles, les voyageurs et les États insulaires comme Maurice, qui accueillent tout au long de l’année des navires de croisière et des touristes du monde entier.

Ce guide explique ce qu’est l’hantavirus, comment il se transmet, à quoi ressemblent ses symptômes, comment vous protéger et que faire si vous pensez avoir été exposé.

Qu’est-ce que l’hantavirus ?

Les hantavirus forment une famille de virus portés principalement par les rongeurs. Ils peuvent provoquer chez l’être humain deux maladies graves : le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), qui attaque les poumons et se rencontre surtout sur le continent américain, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), qui touche les reins et est plus fréquente en Asie et en Europe.

La maladie à hantavirus a attiré l’attention du monde médical pendant la guerre de Corée, dans les années 1950 ; le virus a été identifié en 1976 et doit son nom au fleuve Hantan, en Corée du Sud. Bien qu’étudiés depuis des décennies, les hantavirus restent dangereux, car il n’existe aucun traitement antiviral spécifique ni de vaccin largement disponible. Les soins médicaux de soutien constituent le principal traitement.

À l’échelle mondiale, on estime à 150 000 le nombre de cas de maladies liées aux hantavirus chaque année, dont plus de la moitié en Chine. Sur le continent américain, 229 cas et 59 décès ont été signalés rien qu’en 2025, soit un taux de létalité d’environ 25 %.

L’épidémie du MV Hondius en 2026

En mai 2026, un foyer de maladie respiratoire grave a été identifié à bord du MV Hondius, un navire de croisière d’expédition battant pavillon néerlandais, parti d’Ushuaïa (Argentine) le 1er avril 2026 avec 147 passagers et membres d’équipage de 23 nationalités. L’itinéraire du navire comprenait l’Antarctique, la Géorgie du Sud, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène et l’île de l’Ascension, avant de rejoindre les îles Canaries.

Le premier passager a présenté des symptômes le 6 avril et est décédé le 11 avril. Son épouse est devenue le deuxième cas et est décédée à Johannesburg le 26 avril. Début mai, l’OMS avait confirmé 5 cas et 3 cas suspects, dont 3 décès. La souche a été identifiée comme étant le virus Andes, le seul hantavirus connu capable d’une transmission interhumaine limitée.

L’épidémie a déclenché une réponse internationale impliquant les autorités sanitaires des Pays-Bas, du Royaume-Uni, d’Afrique du Sud, d’Espagne, d’Allemagne, de Suisse, de Singapour, du Cap-Vert et d’Argentine. Les passagers ayant débarqué dans différents ports ont été retrouvés et placés sous surveillance. Le navire s’est d’abord vu refuser l’entrée par le Cap-Vert et les îles Canaries, avant d’être finalement autorisé à accoster.

L’OMS a jugé le risque mondial faible, tout en soulignant que d’autres cas pourraient apparaître compte tenu de la longue période d’incubation du virus (les symptômes peuvent apparaître 1 à 8 semaines après l’exposition).

Comment l’hantavirus se transmet

Comprendre comment l’hantavirus se transmet est essentiel pour s’en protéger. La principale voie de contamination n’est pas le contact entre personnes, mais l’exposition à des rongeurs infectés.

Principales voies de transmission

Le plus souvent, l’être humain contracte l’hantavirus en inhalant des particules virales en suspension dans l’air, provenant de l’urine, des excréments ou de la salive de rongeurs infectés. Cela peut se produire en nettoyant des endroits fréquentés par des rongeurs, en soulevant de la poussière contaminée par leurs déjections, ou en pénétrant dans des espaces clos infestés (abris de jardin, débarras, cabanes).

Un contact direct avec l’urine, les excréments ou les matériaux de nidification des rongeurs à travers une peau lésée, ou la morsure d’un rongeur infecté, peut également transmettre le virus. La consommation d’aliments ou d’eau contaminés par des déjections de rongeurs constitue une autre voie possible.

L’hantavirus peut-il se transmettre d’une personne à l’autre ?

La plupart des souches d’hantavirus ne se transmettent pas d’une personne à l’autre. L’exception est la souche Andes, dont la transmission interhumaine a été documentée dans des cas extrêmement rares, généralement lors de contacts étroits et prolongés : membres d’un même foyer, partenaires intimes et personnel soignant. C’est cette souche qui a été identifiée lors de l’épidémie du MV Hondius. L’OMS a souligné que la transmission interhumaine de la souche Andes reste très peu fréquente.

Reconnaître les symptômes de l’hantavirus

Les symptômes apparaissent généralement 1 à 8 semaines après l’exposition, le plus souvent au bout de 2 à 4 semaines. La maladie évolue par phases.

Premiers symptômes

  • Fièvre et frissons
  • Douleurs musculaires intenses, en particulier aux cuisses, aux hanches, au dos et aux épaules
  • Maux de tête
  • Fatigue
  • Nausées, vomissements, diarrhée et douleurs abdominales
  • Vertiges

Ces premiers symptômes sont facilement confondus avec ceux de la grippe, de la dengue ou de la leptospirose. Ce qui doit alerter, c’est le contexte : des symptômes apparaissant après un contact avec des rongeurs, un séjour dans un environnement infesté de rongeurs ou un voyage dans une région où l’hantavirus est endémique (en particulier l’Amérique du Sud) doivent faire suspecter la maladie.

Symptômes tardifs (syndrome pulmonaire à hantavirus)

Après la phase initiale, le SPH peut évoluer rapidement vers des symptômes respiratoires graves. Les signes d’alerte sont l’essoufflement, la toux, une sensation d’oppression dans la poitrine, une respiration rapide et une impression d’étouffement. Les poumons se remplissent de liquide (œdème pulmonaire) et l’état peut se dégrader en quelques heures jusqu’au syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et à l’état de choc. C’est cette évolution qui rend l’hantavirus si dangereux : il peut passer très rapidement de symptômes grippaux à une insuffisance respiratoire mettant la vie en danger.

Symptômes tardifs (fièvre hémorragique avec syndrome rénal)

La FHSR, plus fréquente avec les souches asiatiques et européennes, évolue différemment. Elle peut provoquer une hypotension artérielle, une insuffisance rénale aiguë et, dans les cas graves, des hémorragies. Les douleurs dorsales et abdominales sont plus marquées dans cette forme.

Comment éviter l’exposition à l’hantavirus

La prévention repose sur le fait d’éviter tout contact avec les rongeurs et leurs déjections.

À la maison

  • Bouchez les trous, interstices et fissures des murs, des fondations et des toitures par lesquels les rongeurs peuvent entrer
  • Conservez les aliments dans des récipients hermétiques, à l’épreuve des rongeurs
  • Gardez les déchets dans des poubelles fermées et videz-les régulièrement
  • Débarrassez les abords de la maison du désordre et des débris où les rongeurs peuvent s’abriter
  • Dégagez la végétation envahissante près de la maison
  • Si vous trouvez des traces de rongeurs (excréments, taches d’urine, traces de dents), ne balayez pas et ne passez pas l’aspirateur. Humidifiez d’abord la zone avec un désinfectant, puis nettoyez-la avec des gants et un chiffon humide. Aérez la pièce pendant au moins 30 minutes avant le nettoyage

Pour les voyageurs

  • En voyage, évitez tout contact avec les rongeurs et leur environnement, en particulier dans les zones rurales d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et de certaines régions d’Asie
  • Lorsque vous séjournez dans des cabanes, lodges ou campings en milieu rural, vérifiez l’absence de traces de rongeurs avant de vous installer
  • Ne dormez pas à même le sol dans les endroits où des rongeurs peuvent être présents
  • Évitez de toucher ou de manipuler des rongeurs morts
  • Si vous vous rendez dans des destinations où l’hantavirus est endémique, sachez en reconnaître les symptômes et consultez rapidement un médecin s’ils apparaissent dans les 8 semaines suivant l’exposition

À Maurice en particulier

Bien que l’hantavirus ne soit pas actuellement endémique à Maurice, l’île compte une importante population de rats, un facteur de risque connu de la leptospirose (une autre maladie transmise par les rongeurs). Les mesures de lutte contre les rongeurs qui préviennent la leptospirose réduisent aussi le risque d’hantavirus. Par ailleurs, Maurice accueille des navires de croisière internationaux et des touristes venant de régions où l’hantavirus circule. Connaître les symptômes et pouvoir accéder rapidement à des soins médicaux est important, aussi bien pour les résidents que pour les visiteurs.

Traitement de l’hantavirus

Il n’existe actuellement aucun médicament antiviral spécifique contre l’hantavirus. Il n’existe pas non plus de vaccin largement disponible. Le traitement repose entièrement sur des soins de soutien et dépend de la gravité de la maladie.

En cas de premiers symptômes, la priorité est le repos, l’hydratation et une surveillance étroite. Dans les formes graves (SPH évoluant vers une détresse respiratoire), l’hospitalisation est indispensable. Les patients peuvent avoir besoin d’une ventilation mécanique, d’une oxygénothérapie et d’une surveillance en soins intensifs. En cas de FHSR avec atteinte rénale, une dialyse peut être nécessaire.

Le facteur le plus déterminant pour la survie est une reconnaissance précoce et une prise en charge médicale rapide. L’OMS, les CDC et les spécialistes des maladies infectieuses soulignent tous que les patients qui reçoivent des soins médicaux avant l’apparition de symptômes respiratoires graves ont une évolution nettement plus favorable.

Quand appeler un médecin

Consultez un médecin si vous ou un membre de votre famille présentez des symptômes grippaux (fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, nausées) dans les 1 à 8 semaines suivant l’une des situations suivantes : contact avec des rongeurs, des excréments de rongeurs ou un environnement infesté de rongeurs ; voyage dans une région où l’hantavirus circule (en particulier l’Argentine, le Chili, le Brésil, la Bolivie ou le Panama) ; nettoyage d’un espace clos présentant des traces de rongeurs, ou simple entrée dans un tel espace ; ou contact étroit avec une personne chez qui un hantavirus a été diagnostiqué.

Appelez immédiatement si :

  • La respiration devient difficile ou rapide après une première phase de symptômes grippaux
  • Une sensation d’oppression ou de pression apparaît dans la poitrine
  • Le patient développe une toux persistante avec un essoufflement qui s’aggrave
  • Le patient devient confus, anormalement somnolent ou présente des signes de choc (peau froide et moite, pouls rapide et faible)

Un médecin à domicile peut procéder à une première évaluation clinique, contrôler les signes vitaux et la saturation en oxygène, administrer un traitement de soutien, notamment une perfusion IV, et déterminer si une hospitalisation est nécessaire.

Médecin à Domicile assure des visites de médecin à domicile 24h/24 et 7j/7 partout à Maurice. Si vous ou un membre de votre famille présentez des symptômes inquiétants après une possible exposition à des rongeurs ou un voyage à l’étranger, appelez le 86121 : un médecin agréé viendra vous examiner à domicile.

Hantavirus et autres infections à Maurice

Plusieurs infections présentes à Maurice partagent les premiers symptômes de l’hantavirus. Connaître leurs différences aide les patients comme les médecins à prendre plus rapidement les bonnes décisions.

La dengue est transmise par les moustiques, et non par les rongeurs, et provoque des douleurs derrière les yeux et une éruption cutanée, rares en cas d’hantavirus. La leptospirose se transmet elle aussi par contact avec de l’eau contaminée (urine de rat), mais elle touche principalement le foie et les reins, même si les formes graves peuvent aussi atteindre les poumons. Le chikungunya est transmis par les moustiques et se caractérise par de fortes douleurs articulaires, absentes en cas d’hantavirus. La grippe partage les premiers symptômes grippaux, mais n’évolue généralement pas vers l’insuffisance pulmonaire rapide observée dans le SPH.

En cas de doute, appelez le 86121 pour une évaluation à domicile. Un médecin pourra examiner cliniquement les symptômes et organiser les examens appropriés.

Questions fréquentes

L’hantavirus est-il présent à Maurice ?

L’hantavirus n’est pas considéré actuellement comme endémique à Maurice. Toutefois, l’île compte une population de rats et accueille des voyageurs internationaux venant de régions où l’hantavirus circule. La sensibilisation et les mesures de prévention restent importantes, en particulier pour les personnes exposées à des environnements infestés de rongeurs.

L’hantavirus est-il le prochain Covid ?

Non. Les spécialistes des maladies infectieuses et l’OMS ont clairement indiqué que l’hantavirus ne se propage pas aussi facilement que le Covid-19 ou la grippe. Contrairement au Covid, les hantavirus sont connus depuis des décennies, ne mutent pas rapidement et ne se transmettent pas lors de contacts occasionnels. La souche Andes, capable de se transmettre entre humains, ne le fait que rarement et lors de contacts étroits et prolongés. Rien ne justifie de craindre une pandémie.

L’hantavirus peut-il être traité à domicile ?

Les premiers symptômes peuvent être évalués par un médecin à domicile, qui peut contrôler les signes vitaux, administrer une perfusion IV et surveiller l’évolution. En revanche, si la maladie évolue vers une détresse respiratoire, une hospitalisation avec prise en charge en soins intensifs est indispensable. Une évaluation médicale précoce est cruciale, car l’évolution est nettement plus favorable lorsque le traitement commence avant l’apparition de symptômes respiratoires graves.

Comment protéger ma famille contre l’hantavirus ?

La prévention la plus efficace est la lutte contre les rongeurs : bouchez les points d’entrée, conservez les aliments en lieu sûr, gardez les abords propres et ne balayez jamais à sec un endroit où se trouvent des excréments de rongeurs. En voyage, évitez tout contact avec les rongeurs et les environnements infestés, en particulier en Amérique du Sud. Si des symptômes apparaissent après une exposition, consultez rapidement un médecin.

Faut-il s’inquiéter des navires de croisière qui font escale à Maurice ?

L’épidémie du MV Hondius était liée à une exposition précise en Argentine, et non aux croisières en général. Les navires de croisière qui font escale à Maurice respectent les protocoles sanitaires internationaux. Toutefois, si vous êtes passager d’une croisière ou avez récemment voyagé et que vous présentez des symptômes grippaux accompagnés de difficultés respiratoires, consultez rapidement un médecin et signalez vos voyages récents.

L’hantavirus est rare mais grave. Une reconnaissance précoce et des soins médicaux rapides sauvent des vies. Si vous présentez des symptômes grippaux après une exposition à des rongeurs ou un voyage à l’étranger, n’attendez pas. Appelez le 86121 pour une visite de médecin à domicile 24h/24 et 7j/7, partout à Maurice. Rendez-vous sur medecin.mu.

hanta-virus awareness

Sommaire

WhatsApp